MENA Newswire , OTTAWA : Le Canada et la Corée du Sud ont signé un nouveau protocole d'entente sur la collaboration industrielle qui place le secteur automobile, les véhicules électriques et les batteries au centre d'un programme bilatéral élargi. Les deux gouvernements ont déclaré que l'accord vise à approfondir la coopération en matière de « mobilité future » et de chaînes d'approvisionnement connexes.

Le protocole d’entente a été signé le 29 janvier par la ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, et le ministre sud-coréen du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie, Kim Jung-kwan. Cet accord établit un Comité de coopération industrielle Canada-Corée et définit des axes de travail visant à renforcer les liens entre les industries automobiles des deux pays, notamment en matière de fabrication, de coopération technologique et de promotion des investissements.
Dans ce cadre, le comité est chargé de promouvoir la coopération dans plusieurs domaines liés à la production et à l'électrification des véhicules. Il s'agit notamment d'explorer les possibilités d'accroître la présence des entreprises automobiles sud-coréennes au Canada , de développer la fabrication de batteries et la collaboration tout au long de la chaîne de valeur, et de soutenir la coopération en matière de minéraux critiques utilisés dans les composants des véhicules électriques. Le texte fait également référence à la mobilité à l'hydrogène et à d'autres technologies de mobilité du futur.
Cette initiative s’appuie sur l’Accord de libre-échange Canada-Corée, entré en vigueur en 2015 et qui a instauré un cadre de réduction tarifaire pour le commerce des marchandises entre les deux pays. Le nouveau mémorandum ne remplace pas cet accord ; il y ajoute plutôt un mécanisme structuré de coordination régulière axé sur la politique industrielle, la collaboration manufacturière et les chaînes d’approvisionnement liées aux véhicules de nouvelle génération.
Mobilité future et chaînes d'approvisionnement
En annonçant le protocole d'accord, le gouvernement canadien a décrit cet accord comme s'inscrivant dans sa stratégie visant à attirer des partenariats industriels liés aux technologies propres et à la fabrication de pointe, notamment aux chaînes d'approvisionnement en minéraux critiques et à la sécurité énergétique. La Corée du Sud , qui abrite d'importants constructeurs automobiles et fabricants de batteries de renommée mondiale, a développé une capacité de production considérable de véhicules électriques et de batteries et est un fournisseur clé de composants automobiles et de technologies connexes.
Les autorités ont indiqué que le comité offrira une tribune permanente pour recenser les projets et lever les obstacles pratiques à la coopération, notamment par le biais d'une collaboration avec le secteur privé. L'accord a été signé alors que des représentants du gouvernement sud-coréen et des chefs d'entreprise se réunissaient au Canada. Ces rencontres ont porté sur des secteurs stratégiques tels que les batteries, ainsi que sur des discussions commerciales plus larges entre les deux pays.
L’industrie automobile canadienne est étroitement intégrée à celle des États-Unis grâce à des réseaux de production et de pièces bien établis, les véhicules et leurs composants transitant par les deux côtés de la frontière tout au long du processus de fabrication. Le protocole d’entente entre le Canada et la Corée du Sud élargit l’ensemble des structures officielles que le Canada utilise pour développer des liens industriels avec des partenaires non américains, tout en préservant les accords commerciaux nord-américains existants.
Structure du comité et prochaines étapes
Les gouvernements ont indiqué que le nouveau comité coordonnera les travaux de suivi et contribuera à définir les initiatives prioritaires, notamment la coopération en matière de capacités de production, de recherche et développement, et de résilience de la chaîne d'approvisionnement liée aux véhicules électriques et aux batteries. Ce mémorandum constitue un cadre de coopération industrielle et non un contrat d'achat spécifique à un véhicule ; il n'annonce ni nouvelle usine, ni ligne de production, ni engagement d'investissement contraignant.
Cet accord témoigne également de l'élargissement du champ des discussions sur la politique commerciale, qui dépassent désormais la simple question des droits de douane pour s'orienter vers des écosystèmes industriels reliant la fabrication, les minéraux critiques, le raffinage et le développement technologique . Pour le Canada, cela implique de tirer parti de ses ressources minérales nationales pertinentes pour la production de batteries ; pour la Corée du Sud, il offre une plateforme supplémentaire pour s'implanter sur un marché où les véhicules coréens sont déjà bien implantés auprès des consommateurs.
Ce mémorandum jette les bases d'une coordination intergouvernementale continue et d'un dialogue régulier avec l'industrie, tandis que les deux pays développent leur coopération dans le domaine de la fabrication automobile et des technologies d'électrification. Les détails relatifs au calendrier des projets et aux engagements commerciaux, le cas échéant, devraient être précisés ultérieurement par les travaux des comités et les décisions des entreprises, et non lors de la signature elle-même.
L’article « Un accord entre le Canada et la Corée du Sud cible les batteries de véhicules électriques et les chaînes d’approvisionnement automobiles » est initialement paru sur Gulf Outlook .
