RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / RankWire.AI / – L’ Organisation mondiale de la Santé indique que l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo pourrait être maîtrisée d’ici trois mois si des ressources adéquates sont mobilisées. Au 16 août, les données officielles font état de 5 021 cas confirmés et de 2 378 décès. L’épidémie a touché six provinces et 55 zones sanitaires, avec un taux de létalité d’environ 47 %. Il s’agit de l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.

Selon Thierno Baldé, responsable de la gestion de crise à l'OMS, le respect du calendrier de confinement dépend du maintien d'effectifs, de fournitures et d'un soutien opérationnel suffisants. À ce jour, environ 69,3 millions de dollars sur les 115 millions nécessaires ont été alloués. En deux semaines, les équipes de santé ont ajouté plus de 400 lits de traitement et déployé 100 épidémiologistes supplémentaires, ainsi que plus de 500 agents de santé communautaires. Ces agents sont essentiels pour la surveillance, le traçage des contacts, le dépistage des cas et l'orientation des patients. La riposte dépend également des ambulances, des véhicules, des fournitures médicales et du personnel formé disponibles dans les régions touchées.
La transmission a désormais atteint le Bas-Uélé, faisant de cette province la sixième touchée par l'épidémie. Les données de mi-août indiquaient que l'Ituri demeurait le principal foyer de transmission, concentrant la majorité des cas confirmés et des décès. De nombreuses infections nouvellement identifiées n'avaient aucun lien connu avec des patients déjà infectés, ce qui accentue l'urgence d'un dépistage plus rapide et d'un suivi des contacts. Les efforts ont été intensifiés pour renforcer la surveillance, permettant ainsi une détection plus précoce des infections et un transfert plus rapide des patients vers les centres de traitement.
Extension de la réponse dans les régions touchées
Le ministère de la Santé publique, de l'Hygiène et des Affaires sociales de la République démocratique du Congo a annoncé l'apparition de cas le 15 mai. Des analyses en laboratoire ont confirmé la présence du virus Bundibugyo, l'un des agents pathogènes responsables de la maladie à virus Ebola. Depuis la première identification du virus en 1976, le pays a connu 17 épidémies d'Ebola. Par ailleurs, l'Ouganda a signalé des cas liés à cette épidémie, avec 20 infections confirmées et deux décès. Aucun nouveau cas n'a été recensé depuis le 21 juin.
À l'heure actuelle, il n'existe aucun vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre la maladie à virus Bundibugyo . La prise en charge médicale repose sur le diagnostic précoce, les soins de soutien, la prévention de l'infection et le traçage rapide des contacts. Des actions sont également menées pour organiser des inhumations sécurisées et sensibiliser la communauté afin de limiter la transmission du virus. Les agents locaux contribuent à identifier les cas suspects et à orienter les patients vers les centres de traitement. Les autorités ont distribué du matériel d'hygiène et formé du personnel dans les communautés touchées, en insistant sur l'importance d'une prise en charge précoce des personnes symptomatiques.
Le maintien de la surveillance et du financement est essentiel au contrôle.
En août, le suivi des contacts s'est amélioré, mais restait insuffisant pour atteindre les objectifs de santé publique dans certaines régions. Au 12 août, les équipes d'intervention avaient suivi 17 460 des 20 740 contacts répertoriés, soit environ 84 %. Le déploiement d'épidémiologistes de terrain a permis d'améliorer la détection et de réduire les délais entre l'apparition des symptômes et la prise en charge. Les agents de santé communautaires continuent de signaler les cas suspects et d'orienter les patients vers les services cliniques. Le personnel médical a été exposé à des risques importants, avec plus de 150 infections recensées parmi les soignants début août.
L’épidémie a été déclarée urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai. Les autorités nationales et leurs partenaires internationaux en matière de santé poursuivent les analyses en laboratoire, les soins cliniques, la surveillance, les inhumations sécurisées et les actions de mobilisation communautaire. Les derniers rapports hebdomadaires font état de plusieurs centaines de cas confirmés et de décès supplémentaires par rapport aux périodes précédentes. Baldé a souligné que l’objectif de confinement en trois mois dépend de la disponibilité des ressources nécessaires au maintien des opérations. Malgré les difficultés, les équipes d’intervention continuent d’œuvrer dans les zones touchées par l’insécurité et les perturbations des services médicaux.
L’article « La crise d’Ebola au Congo dépasse les 5 000 cas alors que les efforts de riposte s’intensifient et s’étendent » est paru initialement sur Tunisia Report : Tunisia, un reportage approfondi.
